La première fois que j’ai été deux – Bertrand Jullien-Nogarède (♥)

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« Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu’un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J’étais vraiment folle amoureuse.»

Sur fond de rock anglais, de bibliothèque murale géante et de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, ce fut une lecture toute en douceur qui m’a transporté dans l’univers des amours adolescents, mais pas que. Ce roman aborde avec délicatesse le besoin fusionnel d’être ensemble, cette sensation de ne faire qu’un ou plutôt de « devenir deux ». J’ai eu l’impression de rentrer dans l’intimité des personnages d’une façon étonnante, comme si je me retrouvais assise sur un nuage à observer nos deux amoureux. Le récit traite aussi des interrogations sur l’avenir du couple, notamment de la part de Karen. Cette dernière, malgré son jeune âge, est une adolescente très mature qui s’empêche de vivre pleinement son bonheur par peur du lendemain. Ses craintes tranchent avec l’amour plus instinctif que lui porte Tom.

J’ai énormément aimé la qualité des personnages, leurs dialogues, leurs répliques cinglantes. Ils ont chacun une forte personnalité et l’humour fait parti intégrante de leur relation. Cette histoire est qualifiée de littérature jeunesse de par son histoire d’amour toute mignonne et l’age de ses protagonistes, mais elle devient plus complexe de par la qualité des réflexions de Karen et de Tom qui sont parfois très mature, presque adulte. Pour son amour inconditionnel et son charme britannique, mon personnage préféré reste Tom même si j’ai aimé la fougue à toute épreuve de Karen.

On distingue dans la pensée des personnages la philosophie de l’auteur. Les problèmes du quotidien sont évoqués sans tabou, et cette petite légèreté aide à faire face aux véritables difficultés de l’histoire. J’ai beaucoup aimé la partie « journal intime », il permet à Karen de parler de ses émotions sur le moment-même où elle a vécu les événements. L’échange par lettres entre Karen et Tom est également très intéressant et très romantique. 

Les derniers chapitres sont un hommage aux relations amicales qui peuvent être aussi forte que les relations amoureuses. C’est une belle leçon de vie que nous offre Bertrand Jullien-Nogarède: La vie est courte, il faut la vivre à fond ! J’ai énormément aimé ce roman, léger dans son histoire d’amour et plus profond dans la question des différentes relations : héritage familial, souvenirs, amour, amitié.

Bien que visant de jeunes lecteurs, ce livre saura emporter n’importe quel public dans son ode à la vie. Si le roman se suffit à lui-même, et que les fins ouvertes me plaisent en général, certains seront très heureux de savoir que l’auteur prévoit de faire une suite à cette histoire.

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